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RAAI Agriculture

Lexique d'agroéquipement

164 termes, 16 thèmes. Chaque définition tient en une phrase et renvoie aux chapitres qui l'emploient.

Agronomie et cultures

Adventice
Plante qui pousse dans une culture sans y avoir été semée, communément appelée mauvaise herbe : vulpin, ray-grass, chénopode, rumex. Elle concurrence la culture pour l'eau, la lumière et l'azote ; on la gère par la rotation, le faux semis, le désherbage mécanique et, au besoin, chimique.
Couvert végétal
Culture semée entre deux cultures principales, non récoltée, comme la moutarde, la phacélie ou un mélange avec féverole, pour couvrir le sol pendant l'interculture. Elle piège les nitrates, limite l'érosion, nourrit le sol et est obligatoire dans les zones vulnérables selon des règles qui évoluent.
ETP (évapotranspiration potentielle)
Quantité d'eau, en mm par jour, qu'une culture bien alimentée en eau perdrait par évaporation du sol et transpiration des feuilles ; elle atteint 5 à 7 mm/jour en été. Comparée à la pluie et à la réserve utile, elle permet de calculer le bilan hydrique et de déclencher un tour d'eau.
IFT (indice de fréquence de traitement)
Indicateur qui compte le nombre de doses homologuées de produits phytosanitaires appliquées par hectare sur une campagne : deux passages à demi-dose comptent 1. Un blé conventionnel se situe souvent entre 3 et 5 ; il sert de référence aux plans de réduction dont les objectifs changent avec la réglementation.
Matière organique
Fraction du sol issue des résidus de plantes, des racines et des effluents, en général 1,5 à 3 % en grandes cultures et davantage en prairie. Elle retient l'eau et les éléments nutritifs, stabilise la structure et libère chaque année de l'azote par minéralisation ; les couverts et les apports organiques l'entretiennent.
pH du sol
Mesure de l'acidité du sol sur une échelle de 0 à 14, la plupart des cultures préférant un pH entre 6 et 7. En dessous de 5,5, l'aluminium devient toxique et le phosphore se bloque ; un chaulage (1 à 2 t/ha de produit calcaire) remonte le pH progressivement.
Reliquat azoté
Azote minéral (nitrate et ammonium) présent dans le sol en sortie d'hiver, mesuré par analyse sur 60 à 90 cm de profondeur et exprimé en kg N/ha. Un reliquat de 40 kg N/ha est courant ; il se déduit de la dose à apporter dans le calcul du plan de fumure.
Réserve utile
Quantité d'eau qu'un sol peut stocker et restituer aux plantes, exprimée en mm : de 50 mm sur un sol superficiel caillouteux à plus de 150 mm sur un limon profond. Elle dépend de la texture et de la profondeur explorée par les racines, et sert à piloter l'irrigation et à évaluer le risque de sécheresse.
Rotation
Succession ordonnée des cultures sur une même parcelle sur plusieurs années, par exemple colza – blé – orge ou maïs – blé – pois. Alterner les familles et les dates de semis casse le cycle des maladies, des ravageurs et des adventices, et une légumineuse laisse de l'azote à la culture suivante.
Unité d'azote
Un kilogramme d'azote élément (N) par hectare, quelle que soit la forme de l'engrais. Pour apporter 50 unités avec de l'ammonitrate à 33,5 %, il faut épandre environ 150 kg/ha ; un blé à 8 t/ha a besoin d'environ 240 unités au total, reliquat et minéralisation compris.

Chantier et économie

Amortissement
Répartition comptable du prix d'achat d'une machine sur sa durée d'utilisation prévue, par exemple un tracteur de 90 000 € amorti sur 10 ans coûte 9 000 € par an hors intérêts. L'amortissement fait partie des charges fixes : il est dû que la machine travaille ou non.
Coefficient d'efficience
Rapport entre le débit de chantier réel et le débit théorique, exprimé en pourcentage. Il traduit les pertes de temps liées aux demi-tours, aux réglages, aux remplissages ou aux bourrages ; il est de l'ordre de 70 à 85 % pour le travail du sol et de 60 à 75 % pour la récolte.
Coût horaire de la machine
Somme des charges fixes (amortissement, intérêts, assurance, remisage) et des charges variables (carburant, entretien, réparations, main-d'œuvre) rapportée au nombre d'heures d'utilisation annuelle. Plus une machine travaille d'heures par an, plus son coût horaire baisse, car les charges fixes sont mieux réparties.
CUMA
Coopérative d'Utilisation de Matériel Agricole : groupement d'agriculteurs qui achètent et utilisent en commun des machines. Elle permet d'accéder à du matériel performant à moindre coût en augmentant les heures d'utilisation annuelles et en partageant les charges fixes.
Débit de chantier
Surface travaillée par unité de temps, exprimée en hectares par heure (ha/h). Le débit théorique se calcule par largeur de travail (m) × vitesse (km/h) ÷ 10 ; ainsi un déchaumeur de 4 m à 10 km/h donne 4 ha/h théoriques, moins en réel après application du coefficient d'efficience.
ETA (entreprise de travaux agricoles)
Entreprise prestataire qui réalise des chantiers pour le compte d'agriculteurs avec son propre matériel et ses chauffeurs, facturés à l'hectare, à l'heure ou au forfait. Elle permet à l'exploitant de déléguer des travaux exigeant du matériel coûteux ou spécialisé, comme l'ensilage ou la moisson.
Largeur de travail
Largeur de sol ou de culture réellement traitée à chaque passage de l'outil, exprimée en mètres. Elle peut différer de la largeur hors tout de la machine, par exemple un pulvérisateur de rampe 24 m ou une charrue 5 corps de 1,75 m de largeur de travail.
Vitesse d'avancement
Vitesse de déplacement de l'attelage pendant le travail, exprimée en km/h. Elle dépend de l'outil et de la qualité attendue : environ 6 à 8 km/h en labour, 10 à 12 km/h en déchaumage, 8 à 14 km/h en pulvérisation.

Électricité embarquée

Alternateur
Générateur entraîné par courroie qui produit le courant quand le moteur tourne, recharge la batterie et alimente les consommateurs. Sa tension régulée doit se situer entre 13,8 et 14,5 V moteur en marche ; le voyant de charge allumé signale une courroie ou un régulateur défaillant.
Batterie et capacité (Ah)
Réservoir d'énergie électrique du tracteur, en 12 V (ou 24 V sur certains engins), dont la capacité en ampères-heures indique la quantité de courant disponible : une batterie de 100 Ah peut fournir 5 A pendant 20 h. Une batterie chargée affiche environ 12,7 V au repos ; sous 12,4 V, elle doit être rechargée.
Calculateur (ECU)
Boîtier électronique qui lit les capteurs, applique ses cartographies et commande les actionneurs ; un tracteur récent en compte plusieurs (moteur, transmission, relevage, cabine) reliés par bus CAN. On ne le débranche jamais contact mis et on protège ses connecteurs lors d'une soudure ou d'un lavage haute pression.
Chute de tension
Tension perdue dans un câble, une cosse ou un contact traversé par le courant, mesurée au multimètre entre les deux extrémités pendant que le circuit fonctionne. Au-delà de 0,2 à 0,5 V sur un câble de démarreur, il faut nettoyer ou remplacer la connexion.
Code défaut / DTC
Code enregistré par un calculateur quand il détecte une valeur anormale (capteur hors plage, circuit ouvert, pression incohérente), lisible sur le terminal ou avec une valise de diagnostic. Le code oriente la recherche mais ne désigne pas forcément la pièce à changer : un code de capteur peut venir d'un connecteur ou d'une masse.
Démarreur
Moteur électrique puissant qui entraîne le volant moteur par un pignon lanceur pour lancer le moteur thermique. Il absorbe plusieurs centaines d'ampères pendant quelques secondes, d'où des câbles de forte section et des cosses qui doivent être propres et serrées.
Fusible
Élément de protection dont le fil fond quand le courant dépasse son calibre (5, 10, 15, 30 A…), protégeant le câblage contre un court-circuit. On le remplace toujours par un fusible du même calibre ; un fusible qui grille à répétition révèle un défaut à chercher, pas un fusible trop petit.
Loi d'Ohm
Relation de base U = R × I : la tension (V) est égale à la résistance (Ω) multipliée par le courant (A). Elle permet par exemple de calculer qu'un phare de 55 W sous 12 V absorbe environ 4,6 A, et donc de choisir le fusible et la section de câble.
Masse
Retour du courant par la borne négative de la batterie, reliée au châssis et au bloc moteur par des tresses ; la masse fait donc partie de chaque circuit. Une tresse oxydée ou desserrée est la première cause de pannes bizarres : voyants qui clignotent, démarrage faible, capteurs qui délirent.
Relais
Interrupteur commandé électriquement : une petite bobine (quelques dizaines de milliampères) ferme un contact capable de laisser passer 30 à 70 A. Il permet à un contacteur de tableau de bord de piloter un gros consommateur (phares, ventilateur, démarreur) sans faire passer le courant fort par la cabine.

Électronique et agriculture de précision

Autoguidage
Système qui pilote automatiquement la direction du tracteur à partir d'un positionnement GNSS pour suivre des lignes de guidage parallèles ou courbes. Il réduit les recouvrements et les manques, limite la fatigue du chauffeur et permet de travailler de nuit ou par mauvaise visibilité.
Bus CAN
Réseau de communication numérique à deux fils (CAN High et CAN Low) qui relie les calculateurs d'une machine : moteur, transmission, cabine, relevage. Chaque calculateur envoie et lit des trames sur le même câble, ce qui réduit fortement le faisceau électrique ; une résistance de terminaison de 120 Ω à chaque extrémité est indispensable.
Capteur et actionneur
Le capteur convertit une grandeur physique (température, pression, régime, position) en signal électrique lisible par un calculateur ; l'actionneur fait l'inverse en transformant un ordre électrique en action mécanique ou hydraulique (électrovanne, vérin, moteur). Ils forment la chaîne d'information et la chaîne d'énergie d'un système automatisé.
Cartographie de rendement
Carte de la parcelle établie à la moissonneuse-batteuse en croisant le débit de grain mesuré par un capteur, l'humidité et la position GNSS. Elle révèle les zones à fort et faible potentiel et sert de base à la modulation des intrants les années suivantes.
Coupure de tronçons
Fonction qui ferme automatiquement les sections d'un pulvérisateur ou d'un semoir lorsqu'elles passent sur une zone déjà traitée ou hors parcelle, grâce au positionnement GNSS. Elle évite les doubles applications en fourrière et économise couramment 3 à 8 % d'intrants.
GPS / GNSS et RTK
Le GNSS regroupe les constellations de satellites de positionnement (GPS américain, Galileo européen, etc.). En mode simple la précision est de 1 à 3 m ; avec une correction RTK envoyée par une base fixe ou un réseau, elle atteint 2 à 3 cm, ce qui permet le semis ou le binage guidé.
ISOBUS
Norme de communication (ISO 11783) entre le tracteur et l'outil attelé, basée sur le bus CAN. Un outil ISOBUS de n'importe quel constructeur se pilote depuis le terminal du tracteur via une prise unique à 9 broches, sans boîtier de commande spécifique.
Modulation intra-parcellaire
Application d'une dose d'intrant (engrais, semence, produit phytosanitaire) qui varie à l'intérieur d'une même parcelle selon une carte de préconisation ou un capteur embarqué. L'outil ajuste son débit en temps réel selon sa position GNSS pour adapter l'apport au potentiel de chaque zone.
Télémétrie
Transmission à distance, par réseau mobile, des données de fonctionnement d'une machine : position, consommation, heures, codes défaut. Elle permet le suivi de flotte, la maintenance à distance et l'enregistrement automatique des chantiers.
Terminal / console
Écran tactile en cabine qui sert d'interface entre le chauffeur, le tracteur et les outils ISOBUS. Il affiche les réglages, le guidage et les cartes, et enregistre les données du chantier.

Espaces verts

Affûtage
Remise en état du tranchant d'une chaîne ou d'une lame à la lime ronde ou à la meule, en respectant l'angle (souvent 30°) et en abaissant le limiteur de profondeur. Une chaîne bien affûtée produit des copeaux et coupe droite sans forcer ; une chaîne émoussée fait de la sciure, chauffe et augmente le risque de rebond.
Carburateur
Organe qui dose et mélange l'essence à l'air admis, grâce à des gicleurs et souvent une pompe d'amorçage et un starter pour le départ à froid. Ses vis de réglage (ralenti, bas et haut régime) se règlent avec précaution ; la plupart des pannes viennent d'un carburant vieilli ou d'une membrane durcie.
Chaîne et guide
Ensemble de coupe de la tronçonneuse : la chaîne, définie par son pas (par exemple 3/8") et sa jauge, tourne dans la rainure du guide de 30 à 50 cm. La tension se contrôle à froid (la chaîne se soulève de quelques millimètres sans quitter le guide) et le graissage automatique doit projeter une trace d'huile sur une surface claire.
Embrayage centrifuge
Embrayage automatique dont les masselottes s'écartent avec la vitesse de rotation et entraînent la cloche au-delà d'environ 3 000 à 4 000 tr/min. Au ralenti la chaîne ou la tête de coupe reste immobile ; si elle tourne au ralenti, le ralenti est trop haut ou les ressorts sont cassés, ce qui est dangereux.
Mélange 2 %
Carburant des moteurs 2 temps composé d'essence et d'huile spéciale 2 temps, en proportion 1 : 50, soit 20 mL d'huile par litre d'essence. Trop peu d'huile grippe le piston ; trop d'huile encrasse la bougie et l'échappement ; un mélange de plus d'un mois se dégrade.
Moteur 2 temps
Moteur léger qui réalise admission, compression, combustion et échappement en un seul tour de vilebrequin, sans soupapes ni carter d'huile : la lubrification vient de l'huile mélangée à l'essence. Il équipe tronçonneuses, débroussailleuses et souffleurs car il est simple, léger et fonctionne dans toutes les positions.
Robot de tonte
Tondeuse autonome à batterie qui coupe l'herbe très souvent et très court, se guide par un fil périphérique ou par positionnement satellitaire, et retourne seule à sa station de charge. Le mulching permanent supprime le ramassage ; l'entretien se limite aux lames, à la batterie et à la propreté du châssis.
Transmission hydrostatique
Transmission où une pompe entraînée par le moteur alimente un moteur hydraulique qui fait tourner les roues, ce qui donne une variation continue de vitesse et l'inversion sans embrayage. Elle équipe les tondeuses autoportées et de nombreux petits engins ; le niveau et la propreté de l'huile conditionnent sa longévité.

Gestion de l'exploitation

Annuité
Somme versée chaque année à la banque pour rembourser un emprunt, comprenant le capital et les intérêts. Un tracteur de 120 000 € financé sur 7 ans à 4 % coûte environ 20 000 € d'annuité ; le total des annuités doit rester nettement inférieur à l'EBE pour laisser un revenu.
Charges de structure
Charges qui existent quelle que soit la production : mécanisation (amortissements, carburant, entretien), fermages, assurances, main-d'œuvre salariée, frais de gestion. Elles pèsent souvent 500 à 800 €/ha en grandes cultures et se réduisent surtout par le dimensionnement du parc matériel et le travail en commun.
Charges opérationnelles
Charges directement liées à une production et qui varient avec la surface ou l'effectif : semences, engrais, phytosanitaires, aliments, frais d'élevage, travaux à façon. Elles disparaissent si l'on abandonne la culture, à la différence des charges de structure.
DPB / aides PAC
Les droits à paiement de base sont les aides découplées de la politique agricole commune, versées par hectare admissible à qui détient les droits et respecte la conditionnalité, complétées par l'écorégime et des aides couplées (protéagineux, élevage). L'ordre de grandeur est de 100 à 250 €/ha selon les aides cumulées ; montants et règles changent à chaque programmation, il faut se référer à la campagne en cours.
EBE (excédent brut d'exploitation)
Résultat de l'activité avant amortissements et frais financiers : produits moins charges opérationnelles et charges de structure hors amortissements. C'est l'argent dégagé chaque année pour rembourser les annuités, rémunérer l'exploitant et autofinancer ; on considère souvent qu'il ne doit pas descendre sous 30 % du produit brut.
GAEC et EARL
Deux formes sociétaires courantes : le GAEC (groupement agricole d'exploitation en commun) réunit 2 à 10 associés qui travaillent tous sur l'exploitation, avec une transparence qui multiplie certaines aides par associé ; l'EARL (exploitation agricole à responsabilité limitée) accepte des associés non exploitants et limite la responsabilité aux apports. Le choix dépend de la famille, de la transmission et de la fiscalité, dont les règles évoluent.
Marge brute
Produit brut d'une culture ou d'un atelier moins ses charges opérationnelles (semences, engrais, produits phytosanitaires, aliments, frais vétérinaires). Elle permet de comparer les ateliers entre eux ; un blé dégage par exemple 700 à 900 €/ha de marge brute selon les prix et le rendement.
Produit brut
Valeur totale de ce que produit un atelier ou l'exploitation sur un exercice : ventes, autoconsommation, variation de stocks et aides liées à la production. Pour un blé à 8 t/ha vendu 200 €/t, le produit brut est de 1 600 €/ha avant toute charge.

Hydraulique

Accumulateur hydraulique
Réservoir sous pression, le plus souvent à vessie gonflée à l'azote, qui stocke un volume d'huile sous pression pour le restituer à la demande. Il amortit les à-coups, compense les fuites et alimente ponctuellement un récepteur ; sa pression de gonflage est fixée à environ 60 à 80 % de la pression minimale de travail.
Clapet anti-retour
Composant qui laisse passer l'huile dans un seul sens et se ferme dans l'autre grâce à une bille ou un clapet rappelé par un ressort. Sa version pilotée s'ouvre dans les deux sens quand une pression de commande est appliquée, ce qui permet de bloquer un vérin en position (charge suspendue).
Débit hydraulique
Volume d'huile déplacé par unité de temps, exprimé en litres par minute (L/min). Il détermine la vitesse des récepteurs : un tracteur de 150 ch fournit couramment 100 à 150 L/min au distributeur, et un vérin avance d'autant plus vite que le débit est grand.
Distributeur hydraulique
Appareil à tiroir qui oriente l'huile sous pression vers l'un ou l'autre côté d'un récepteur et renvoie l'huile de retour au réservoir. Il se désigne par son nombre d'orifices et de positions (par exemple 4/3) et se commande manuellement, électriquement ou par pilotage hydraulique.
Filtre hydraulique
Élément filtrant en papier, fibre de verre ou tamis métallique qui retient les particules solides de l'huile avant qu'elles n'usent pompes, distributeurs et vérins. On trouve un filtre d'aspiration, un filtre de retour et parfois un filtre haute pression, avec une finesse courante de 10 à 25 µm.
Huile hydraulique et viscosité
Fluide qui transmet l'énergie, lubrifie et refroidit le circuit ; sur tracteur, une huile multifonction commune assure aussi la boîte, les freins et l'hydraulique. La viscosité, exprimée en mm²/s à 40 °C (grade ISO VG 32, 46 ou 68), diminue avec la température : trop fluide elle fuit, trop épaisse elle fait caviter la pompe à froid.
Limiteur de pression
Soupape de sécurité tarée, montée en dérivation, qui s'ouvre vers le réservoir quand la pression du circuit dépasse la valeur réglée, par exemple 200 bar. Elle protège la pompe, les flexibles et les récepteurs contre les surpressions ; si elle reste ouverte, l'huile chauffe rapidement.
Pompe à cylindrée variable / load sensing
Pompe à pistons axiaux dont l'inclinaison du plateau règle le volume refoulé à chaque tour. Dans un circuit load sensing, une ligne de signal renseigne la pompe sur la pression réellement demandée par le récepteur le plus chargé : elle ne fournit que le débit et la pression nécessaires, ce qui économise du carburant et limite l'échauffement.
Pompe à engrenages
Pompe volumétrique à cylindrée fixe où deux pignons en prise transportent l'huile entre leurs dents et le corps, de l'aspiration vers le refoulement. Simple, robuste et bon marché, elle équipe les circuits à centre ouvert et travaille couramment jusqu'à 200 à 250 bar.
Pression hydraulique
Force exercée par l'huile par unité de surface, exprimée en bar ou en pascal (1 bar = 100 000 Pa = 0,1 MPa). Elle naît de la résistance opposée à l'écoulement et non de la pompe elle-même ; sur un tracteur agricole elle atteint typiquement 180 à 210 bar.
Symbole ISO 1219
Norme qui fixe les symboles graphiques des schémas hydrauliques et pneumatiques : cercle pour une pompe ou un moteur, rectangle divisé en cases pour un distributeur, triangle pour le sens du fluide, ressort pour un rappel. Lire un schéma ISO 1219 permet de comprendre un circuit sans démonter la machine.
Vérin double effet
Actionneur linéaire alimenté sur ses deux chambres, ce qui permet de pousser et de tirer sous pression. La force développée vaut pression multipliée par surface du piston : un vérin de 80 mm d'alésage à 200 bar pousse avec environ 100 kN, et un peu moins en rentrée à cause de la section de la tige.

Maintenance et diagnostic

Code défaut
Code alphanumérique mémorisé par un calculateur lorsqu'il détecte une anomalie sur un capteur, un actionneur ou un circuit, par exemple une tension hors plage. Il se lit sur le terminal de cabine ou avec une valise de diagnostic et oriente la recherche de panne sans la remplacer.
Consignation
Procédure qui met une machine hors d'état de fonctionner avant une intervention : moteur arrêté, clé retirée, coupe-batterie ouvert, énergie hydraulique déchargée, outil posé au sol ou calé, et signalisation en place. Elle empêche tout démarrage ou mouvement intempestif pendant le travail de maintenance.
Diagnostic par arbre de causes
Méthode de recherche de panne qui part du symptôme constaté et liste de façon logique toutes les causes possibles, puis les vérifie une à une du plus simple au plus complexe. Elle évite le remplacement de pièces au hasard et se formalise par un schéma en branches.
Filtre à air et colmatage
Le filtre à air retient les poussières avant leur entrée dans le moteur ; en s'encrassant il se colmate, ce qui réduit le débit d'air, fait fumer noir et perdre de la puissance. Un indicateur de colmatage à dépression signale quand le remplacer ; on ne nettoie jamais l'élément de sécurité intérieur.
Graissage
Apport de graisse par les graisseurs sur les articulations, roulements, croisillons de cardan et axes pour limiter l'usure et chasser l'eau et la poussière. Sa fréquence est fixée par le plan d'entretien, souvent toutes les 10 ou 50 heures, et il se fait sur une machine propre et consignée.
Jeu et usure
Le jeu est l'espace fonctionnel entre deux pièces en mouvement ; l'usure l'augmente progressivement jusqu'à provoquer vibrations, bruits et casse. On le mesure au pied à coulisse, au comparateur ou à la jauge d'épaisseur et on le compare aux tolérances du constructeur pour décider du remplacement.
Maintenance corrective
Intervention réalisée après l'apparition d'une panne ou d'une dégradation pour remettre la machine en état de fonctionnement. Elle est subie, souvent en pleine saison, et coûte plus cher qu'un entretien planifié en immobilisation et en pièces.
Maintenance préventive
Ensemble des opérations réalisées à intervalles définis, avant toute panne, pour maintenir la machine en bon état : contrôles, graissage, vidanges, remplacement de filtres et de pièces d'usure. Elle réduit les arrêts imprévus et prolonge la durée de vie du matériel.
Multimètre et contrôle de continuité
Le multimètre mesure tension (V), intensité (A) et résistance (Ω) d'un circuit électrique. Le contrôle de continuité, effectué circuit hors tension en position ohmmètre ou buzzer, vérifie qu'un fil, un fusible ou un contact laisse passer le courant, une résistance proche de 0 Ω signifiant que la liaison est bonne.
Plan d'entretien / périodicité
Tableau fourni par le constructeur qui indique quelles opérations effectuer et à quel intervalle, exprimé en heures de fonctionnement ou en durée : contrôle quotidien, 50 h, 250 h, 500 h, 1 000 h ou annuel. Le respect de cette périodicité, consigné dans un carnet, conditionne la garantie et la fiabilité.
Pression de gonflage
Pression d'air dans le pneumatique, mesurée en bar, à adapter à la charge et à l'usage : basse au champ (0,6 à 1 bar) pour limiter le tassement et augmenter l'adhérence, plus haute sur route (1,2 à 2 bar) pour limiter l'échauffement et l'usure. Elle se contrôle à froid avec un manomètre.
Vidange
Remplacement d'une huile usagée (moteur, transmission, hydraulique, pont) et généralement de son filtre, à la périodicité indiquée par le constructeur, souvent 500 h pour un moteur de tracteur. Elle se fait moteur chaud, avec la qualité et la quantité d'huile prescrites, et l'huile usagée est collectée pour recyclage.

Matériels de construction et manutention

Abaque de charge
Diagramme affiché en cabine qui donne la charge maximale admissible selon la hauteur et la portée de la flèche : plus la charge est éloignée, moins on peut lever. Une charge de 3 t nominale peut tomber à 800 kg flèche sortie à l'horizontale ; le dépasser fait basculer l'engin vers l'avant.
Arrimage
Fixation d'une charge ou d'un engin sur un plateau au moyen de sangles, chaînes ou tendeurs, pour qu'elle ne bouge ni au freinage ni en virage. Les points d'ancrage et la capacité des sangles (indiquée sur l'étiquette, par exemple 2 000 daN) doivent correspondre au poids transporté.
Chariot télescopique
Engin de manutention à flèche télescopique, capable de lever 2,5 à 4 t jusqu'à 6 à 9 m selon les modèles, très répandu en élevage pour le fourrage, le fumier et les big-bags. Sa conduite exige une autorisation de conduite délivrée par l'employeur après formation (CACES ou équivalent) et une visite générale périodique.
Godet
Outil de terrassement ou de chargement fixé au bras ou à la flèche, caractérisé par sa largeur et sa capacité (de 0,05 m³ sur une mini-pelle à plus de 2 m³ sur un chargeur). On distingue le godet de tranchée, le godet de curage à bord lisse et le godet grand volume pour les matériaux légers comme les céréales.
Mini-pelle
Pelle hydraulique compacte de 1 à 6 t, sur chenilles, utilisée pour les tranchées, le drainage, les fondations de bâtiments et l'entretien des fossés. Sa lame avant sert d'appui et de remblayage ; on la charge sur porte-engin, jamais sur une remorque agricole non prévue.
Porte-engin
Remorque ou semi-remorque à plateau surbaissé et rampes, conçue pour transporter une pelle, un chariot ou un tracteur d'un chantier à l'autre. Le chargement se fait rampes bien calées, engin centré, puis arrimé aux points prévus ; le poids total roulant doit rester dans les limites du véhicule tracteur et du permis.
Tourelle
Partie supérieure pivotante d'une pelle, portant la cabine, le moteur et la flèche, qui tourne sur 360° grâce à une couronne d'orientation et un moteur hydraulique. Le rayon de balayage de la tourelle définit une zone dangereuse dans laquelle personne ne doit se tenir pendant le travail.
VGP (vérification générale périodique)
Contrôle obligatoire des appareils de levage (chariot télescopique, chargeur, pelle, nacelle) réalisé par un organisme ou une personne compétente, en général tous les 6 mois pour les engins de levage de charges. Le rapport est conservé sur l'exploitation et présenté en cas d'inspection ; la périodicité dépend de la réglementation en vigueur.

Pulvérisation et fertilisation

Buse et calibre
La buse est la pièce terminale du pulvérisateur qui fractionne le liquide en gouttelettes et forme le jet (fente classique, injection d'air, miroir). Son calibre, repéré par un code couleur normalisé (jaune 02, bleu 03, rouge 04...), indique le débit à 3 bar : une buse 03 débite 1,2 L/min.
Dérive
Part de la bouillie pulvérisée qui est entraînée hors de la zone cible par le vent ou l'évaporation, sous forme de fines gouttelettes. On la réduit avec des buses à injection d'air, une pression modérée, une rampe basse (50 cm) et en ne traitant pas au-delà de 3 sur l'échelle de Beaufort (environ 19 km/h), limite réglementaire en France.
Dose
Quantité de produit ou d'engrais à apporter par hectare, fixée par l'homologation ou le plan de fumure et exprimée en L/ha, kg/ha ou en unités d'élément fertilisant (kg N/ha). Elle détermine la quantité à mettre dans la cuve ou la trémie en fonction de la surface à traiter et du volume ou du débit réglé.
DPAE / débit proportionnel à l'avancement
Régulation électronique qui ajuste automatiquement le débit du pulvérisateur ou de l'épandeur à la vitesse réelle d'avancement, mesurée par radar ou GPS, afin de maintenir le volume ou la dose par hectare constants. Elle corrige les variations de vitesse en bout de champ ou dans les pentes, contrairement au débit proportionnel au régime moteur (DPM).
Épandeur centrifuge
Épandeur d'engrais à un ou deux disques tournant à 700 à 1000 tr/min, dont les pales projettent les granulés sur 12 à 48 m de largeur. La dose se règle par l'ouverture des trappes et la vitesse d'avancement ; le point de chute de l'engrais sur le disque et l'inclinaison des pales déterminent la nappe d'épandage.
Incorporation
Enfouissement d'un produit (herbicide de prélevée, engrais, lisier, résidus) dans les premiers centimètres du sol par un outil animé ou à dents, juste après ou pendant l'application. Elle limite les pertes par volatilisation (ammoniac des engrais azotés) et place le produit dans la zone où il agit.
Pression de pulvérisation
Pression du liquide à la buse, exprimée en bar et lue sur le manomètre de la rampe. Elle agit sur le débit (proportionnel à la racine carrée de la pression) et sur la taille des gouttes : les buses à fente travaillent entre 1,5 et 4 bar, les buses à injection d'air entre 3 et 8 bar.
Rampe et hauteur
La rampe porte les buses espacées de 50 cm sur une largeur de 12 à 36 m, avec une suspension qui amortit le roulis et le lacet. Sa hauteur au-dessus de la cible, généralement 50 cm pour des jets à 110°, garantit le recouvrement des jets ; trop haute elle favorise la dérive, trop basse elle laisse des manques.
Tablier / nappe d'épandage
La nappe d'épandage est la répartition transversale de l'engrais projeté par l'épandeur, en forme de triangle ou de trapèze, que l'on contrôle avec des bacs au sol. Le tablier désigne le déflecteur ou la tôle de bordure qui limite la nappe côté fossé ou voisin pour éviter l'épandage hors parcelle.
Volume par hectare
Quantité de bouillie (eau + produit) appliquée par hectare, exprimée en L/ha, généralement entre 80 et 200 L/ha en grandes cultures. Elle se calcule selon la formule V = 600 × q / (v × e), avec q le débit d'une buse en L/min, v la vitesse en km/h et e l'écartement entre buses en m.

Récolte et fenaison

Andaineur
Outil de fenaison qui regroupe le fourrage fané en andains réguliers avant le pressage ou l'ensilage, grâce à des rotors à bras porte-dents entraînés par la prise de force. Un andaineur à un rotor couvre 3 à 4,5 m, un modèle à deux ou quatre rotors jusqu'à 15 m ; le réglage de la hauteur des dents évite de ramasser de la terre.
Batteur et contre-batteur
Organes de battage de la moissonneuse-batteuse : le batteur est un cylindre à battes tournant entre 600 et 1200 tr/min, le contre-batteur une grille concave fixe qui l'entoure. Le grain est séparé des épis par frottement et impact ; on règle le régime du batteur et l'écartement du contre-batteur (5 à 25 mm) selon la culture et l'humidité.
Coupe et rabatteur
La coupe (ou barre de coupe) est l'équipement frontal de la moissonneuse, de 4,5 à 12 m de largeur, dont la lame à sections coupe les tiges et la vis d'alimentation les convoie vers le convoyeur. Le rabatteur, roue à lattes tournant au-dessus de la coupe, couche les tiges vers la lame ; sa vitesse doit être légèrement supérieure à l'avancement.
Ensileuse
Machine automotrice ou traînée qui récolte, hache finement (4 à 20 mm) et projette le fourrage vers une remorque pour la conservation par ensilage. Elle reçoit un bec à maïs ou un pick-up à herbe ; l'éclateur de grains et la longueur de coupe se règlent selon la maturité, et les automotrices dépassent 400 kW.
Faucheuse-conditionneuse
Faucheuse à disques ou à tambours équipée d'un conditionneur (rotor à doigts ou rouleaux) qui écrase ou éraille les tiges pour accélérer le séchage du fourrage. Elle est portée, traînée ou en combinaison frontale et arrière (jusqu'à 9 m), avec une hauteur de coupe de 5 à 8 cm.
Moissonneuse-batteuse
Automotrice qui réalise en un seul passage la coupe, le battage, la séparation et le nettoyage du grain, stocké dans une trémie de 6 000 à 15 000 L. Elle est à secoueurs ou à rotor, avec une puissance de 150 à 500 kW ; la paille est déposée en andain ou hachée et répartie par le broyeur-éparpilleur.
Pertes de récolte
Grains non récoltés, soit à la coupe (égrenage, épis non coupés), soit par la machine (battage incomplet, grains rejetés avec la paille par les secoueurs ou le rotor, ou soufflés par le nettoyage). On les mesure en comptant les grains au sol sur 1 m² derrière la machine ; l'objectif est de rester sous 1 % du rendement, soit environ 20 grains/m² pour un blé.
Presse à balles rondes
Machine qui ramasse l'andain avec un pick-up et l'enroule en balle cylindrique de 1,2 à 1,8 m de diamètre, liée par ficelle ou filet, d'une masse de 250 à 800 kg. La chambre est fixe (balles à cœur mou) ou variable (balles denses) ; une presse-enrubanneuse combine le pressage et l'enrubannage du fourrage humide.
Secoueurs
Organes de séparation d'une moissonneuse conventionnelle, formés de 4 à 6 caissons en dents de scie animés d'un mouvement oscillant qui font sauter la paille pour en extraire les grains restants. Ils sont sensibles à la pente et au débit de paille ; les machines à rotor les remplacent par une séparation centrifuge.
Taux d'humidité du grain
Teneur en eau du grain, en pourcentage de sa masse, mesurée à l'humidimètre pour décider de la récolte et du stockage. Les normes de livraison sont de 15 % pour le blé et l'orge, 9 % pour le colza et 15 % pour le maïs après séchage ; un grain trop humide chauffe et se dégrade, un grain trop sec se brise au battage.

Sécurité et réglementation

Arceau ROPS
Structure de protection contre le renversement (Roll-Over Protective Structure), sous forme d'arceau ou de cabine homologuée, qui préserve un volume de survie autour du conducteur en cas de retournement. Elle n'est efficace que si la ceinture de sécurité est bouclée et si l'arceau rabattable est relevé.
Carte de conduite / autorisation de conduite
Document délivré par l'employeur à un salarié pour l'autoriser à conduire un engin donné, après vérification de son aptitude médicale, de sa formation et de sa connaissance des lieux. Elle est obligatoire pour les engins automoteurs de manutention et de levage comme les chariots télescopiques.
Code de la route pour engins agricoles
Les tracteurs et outils circulent en général à 25 km/h, ou 40 km/h pour les tracteurs conçus et immatriculés pour cette vitesse. La largeur hors tout est limitée à 2,55 m, tolérée jusqu'à 3,50 m avec signalisation spécifique, et au-delà s'applique le régime du convoi agricole avec panneaux et parfois véhicule d'accompagnement.
Distance de sécurité
Zone à respecter entre une personne et un élément en mouvement ou en charge : personne dans le rayon d'action d'un outil replié ou relevé, à l'aplomb d'une charge, ou entre le tracteur et l'outil au moment de l'attelage. Elle vaut aussi vis-à-vis des lignes électriques aériennes, à 3 m sous 50 000 V et 5 m au-delà.
Éclairage et signalisation
Équipements obligatoires pour circuler sur route : feux de position, de croisement, clignotants, feux stop, catadioptres, gyrophare orange et plaques rouge et blanc réfléchissantes signalant les outils dépassant le gabarit. Un outil porté qui masque les feux du tracteur doit être équipé de son propre dispositif.
EPI
Équipements de protection individuelle portés par l'opérateur pour se protéger d'un risque résiduel : chaussures de sécurité, gants, protections auditives, lunettes, masque et combinaison pour les produits phytosanitaires. Ils complètent les protections collectives de la machine et ne les remplacent jamais.
Plaque d'exploitation
Plaque fixée sur le matériel agricole remorqué ou porté, indiquant le nom et l'adresse de l'exploitant, en complément ou à la place de l'immatriculation selon la catégorie du matériel. Elle permet d'identifier le propriétaire lors des contrôles routiers.
Protecteur de cardan
Carter en plastique qui enveloppe l'arbre de transmission à cardans entre la prise de force et l'outil, avec ses bols aux extrémités et ses chaînettes anti-rotation. Un cardan non protégé tournant à 540 tr/min happe un vêtement en une fraction de seconde et cause des accidents mortels.
Risque de renversement
Première cause d'accident mortel avec un tracteur : basculement latéral en dévers, en virage trop rapide ou près d'un fossé, ou cabrage arrière lors d'une traction accrochée trop haut. On le prévient par des voies larges, un lestage adapté, une vitesse réduite en dévers, un attelage au point bas et la ceinture bouclée sous l'arceau.
ZNT et zones non traitées
Bande de terrain, en général de 5, 20 ou 50 m selon le produit, à ne pas pulvériser le long des cours d'eau, et de 5 à 20 m près des habitations, pour protéger l'eau et les riverains. Le chauffeur doit la respecter en coupant les tronçons et peut réduire certaines ZNT en utilisant des buses anti-dérive homologuées.

Semis et plantation

Densité de semis
Nombre de graines déposées par unité de surface, exprimé en grains/m² pour les céréales (250 à 400 grains/m² pour un blé) ou en graines/ha pour les cultures monograine (70 000 à 100 000 graines/ha pour un maïs). On en déduit la dose en kg/ha à partir du poids de mille grains et de la faculté germinative.
Distribution pneumatique
Système de dosage et de transport des graines par un flux d'air produit par une turbine entraînée par la prise de force ou hydrauliquement. Sur un semoir en ligne, un doseur central envoie les graines vers une tête de répartition ; sur un semoir monograine, la dépression ou la surpression plaque chaque graine sur un disque perforé pour un placement précis.
Écartement
Distance entre deux rangs de semis, fixée par la position des éléments semeurs sur la poutre. On sème les céréales à 12,5 ou 15 cm, la betterave à 45 cm, le maïs et le tournesol à 75 à 80 cm ; l'écartement conditionne la concurrence entre plantes et la compatibilité avec le matériel de binage ou de récolte.
Jalonnage
Fonction du semoir qui ferme certains rangs à intervalle régulier pour laisser des passages non semés destinés aux roues du pulvérisateur et de l'épandeur. Le rythme se calcule à partir du rapport entre la largeur du pulvérisateur et celle du semoir (par exemple 24 m / 4 m = rythme 6) et la voie des passages correspond à celle du tracteur.
Profondeur de semis
Épaisseur de terre recouvrant la graine, réglée par les roues de jauge ou la pression sur les éléments semeurs. Elle est de 2 à 3 cm pour les céréales et le colza, de 4 à 6 cm pour le maïs ; trop faible elle expose la graine au dessèchement, trop forte elle retarde et affaiblit la levée.
Semis direct
Semis réalisé sans aucun travail du sol préalable, dans les résidus du précédent ou un couvert, avec un semoir spécifique dont les disques ouvreurs ou les dents tranchent la végétation et ouvrent un sillon. Il nécessite des éléments lourds (100 à 250 kg de pression par rang) et une gestion soignée des adventices et des limaces.
Semoir en ligne
Semoir destiné aux céréales, colza et couverts, qui dépose un flux continu de graines dans des sillons rapprochés (12,5 à 15 cm) ouverts par des socs ou des disques. La distribution mécanique à cannelures ou pneumatique règle la dose en kg/ha ; on le trouve en version traînée ou portée, souvent combinée à une herse rotative.
Semoir monograine
Semoir de précision qui dépose les graines une par une à intervalle régulier sur le rang, pour le maïs, le tournesol, la betterave ou le colza. Chaque élément comporte un disque de sélection, un soc ou double disque ouvreur, une roue de jauge et des roues de plombage ; la vitesse de travail se situe entre 6 et 12 km/h selon la technologie.

Tracteur et moteur

AdBlue / SCR
La réduction catalytique sélective (SCR) injecte une solution d'urée à 32,5 % dans l'échappement pour transformer les oxydes d'azote en azote et en vapeur d'eau. La consommation d'AdBlue représente environ 5 à 8 % de celle du gazole ; le réservoir dédié est en plastique bleu et le liquide gèle vers -11 °C.
Ballast / lestage
Ajout de masses (fonte sur les roues ou à l'avant, eau dans les pneumatiques) pour augmenter l'adhérence et équilibrer le tracteur avec un outil porté. On vise environ 50 à 60 kg par cheval au travail lourd et une répartition de 40 % à l'avant pour 60 % à l'arrière, sans dépasser la charge admissible des pneus.
Boîte à variation continue
Transmission qui combine un train épicycloïdal et une branche hydrostatique pour faire varier le rapport sans à-coups de 0 à 50 km/h. Le conducteur choisit une vitesse cible et l'électronique règle régime moteur et rapport pour rester au meilleur point de consommation.
Common rail
Système d'injection diesel où une pompe haute pression alimente une rampe commune à 1 600 à 2 200 bar ; des injecteurs pilotés électriquement dosent le carburant en plusieurs injections par cycle. Il améliore le rendement, réduit le bruit et les émissions, mais exige un gazole parfaitement filtré.
Couple moteur
Effort de rotation fourni par le vilebrequin, exprimé en newton-mètre (N·m). Un moteur de tracteur de 150 ch délivre par exemple 650 N·m vers 1 500 tr/min ; la réserve de couple, souvent 30 à 40 %, indique sa capacité à encaisser une surcharge sans caler.
Cylindrée
Volume total balayé par les pistons entre le point mort bas et le point mort haut, exprimé en litres ou en cm³. Un tracteur de 120 ch a souvent un moteur de 4 à 4,5 L à 4 cylindres ; à puissance égale, une grosse cylindrée donne plus de couple à bas régime.
EGR (recyclage des gaz d'échappement)
Système qui renvoie une partie des gaz d'échappement, refroidis, vers l'admission pour abaisser la température de combustion et réduire les oxydes d'azote (NOx). La vanne EGR s'encrasse avec la calamine et provoque alors des à-coups ou un défaut moteur.
Empattement
Distance entre l'axe des roues avant et celui des roues arrière, de l'ordre de 2,4 à 3 m sur un tracteur agricole standard. Un long empattement améliore la stabilité et la traction ; un empattement court favorise la maniabilité en bout de champ.
FAP (filtre à particules)
Filtre placé sur l'échappement qui retient les suies du moteur diesel, puis les brûle lors d'une régénération à plus de 550 °C, automatique ou déclenchée à l'arrêt. Un tracteur qui ne travaille qu'à bas régime encrasse son FAP plus vite ; il ne faut jamais interrompre une régénération en cours.
Injecteur
Organe qui pulvérise le gazole sous très haute pression (jusqu'à 2 000 bar sur un common rail) dans la chambre de combustion, en un ou plusieurs jets par cycle. Un injecteur encrassé ou usé se traduit par des fumées, une perte de puissance et une surconsommation.
Patinage
Glissement des roues motrices par rapport au sol, calculé en comparant la distance théorique parcourue par les roues à la distance réelle. Un patinage de 8 à 15 % est normal en traction lourde ; au-delà on perd du carburant et on abîme le sol, en dessous on surcharge la transmission.
PDF / prise de force
Arbre cannelé situé à l'arrière (ou à l'avant) du tracteur qui transmet la puissance du moteur à l'outil animé. Elle tourne en régime normalisé 540 ou 1 000 tr/min et se commande par un embrayage indépendant ; elle est protégée par un bol et le cardan par un carter obligatoire.
Pont avant moteur
Essieu avant entraîné par la transmission, qui fait du tracteur un quatre roues motrices. Il est enclenché par un embrayage multidisque et se débraye sur route pour limiter l'usure ; il apporte 20 à 30 % de traction supplémentaire en conditions difficiles et améliore le freinage.
Prise hydraulique
Coupleur rapide à l'arrière ou à l'avant du tracteur qui raccorde les flexibles d'un outil au distributeur. Les prises fonctionnent par paires (pression et retour), avec parfois un retour libre et une ligne load sensing ; on les nettoie avant branchement pour ne pas polluer le circuit.
Régime nominal
Vitesse de rotation du moteur, en tours par minute, à laquelle le constructeur annonce la puissance maximale, généralement 2 000 à 2 200 tr/min. C'est aussi le régime où la prise de force atteint sa vitesse normalisée ; travailler en dessous fait chuter le débit hydraulique et la puissance disponible.
Relevage trois points
Attelage normalisé (ISO 730) composé de deux bras inférieurs et d'un troisième point supérieur qui porte et guide l'outil. Il est actionné par des vérins hydrauliques et se règle en position, en effort ou en mode mixte ; les catégories 2 et 3 couvrent la plupart des tracteurs de 80 à 250 ch.
Taux de compression
Rapport entre le volume du cylindre au point mort bas et le volume au point mort haut, de l'ordre de 16 à 18 : 1 sur un diesel. Ce rapport élevé chauffe assez l'air pour enflammer le gazole sans bougie ; une compression faible (segments ou soupapes usés) rend le démarrage difficile.
Thermostat
Vanne à cire placée sur le circuit de refroidissement qui reste fermée à froid puis s'ouvre vers 82 à 90 °C pour envoyer le liquide au radiateur. Bloqué fermé, il fait surchauffer le moteur ; bloqué ouvert, le moteur n'atteint jamais sa température et s'encrasse.
Turbocompresseur
Turbine entraînée par les gaz d'échappement qui comprime l'air d'admission à 1 à 2 bar de suralimentation, souvent refroidi ensuite par un échangeur (intercooler). Il augmente la puissance sans changer la cylindrée ; il tourne jusqu'à 150 000 tr/min et exige une huile propre et un temps de refroidissement avant l'arrêt.
Voie
Distance entre les plans médians des deux roues d'un même essieu, mesurée au sol. Elle se règle par retournement des jantes ou par déplacement sur l'essieu (par exemple de 1,50 à 2,25 m) pour s'adapter à l'écartement des rangs et améliorer la stabilité en dévers.

Transmission

Arbre de PDF 540/1000
Embout cannelé normalisé de la prise de force : 6 cannelures et 35 mm de diamètre pour le régime 540 tr/min, 21 cannelures pour le 1 000 tr/min. Le régime 1 000 transmet plus de puissance à couple égal ; les modes économiques 540E et 1 000E atteignent la vitesse normalisée à régime moteur réduit.
Cardan et transmission à cardans
Joint à croisillon qui transmet la rotation entre deux arbres non alignés ; une transmission à cardans comprend deux joints et un arbre télescopique. Pour tourner sans vibrations, les deux fourches intérieures doivent être dans le même plan et les angles égaux, sans dépasser 25° au travail et 35° brièvement.
Courroie et chaîne
Organes souples de transmission entre deux poulies ou deux pignons. La courroie (trapézoïdale ou striée) transmet par adhérence et joue le rôle de fusible en patinant ; la chaîne à rouleaux transmet par obstacle sans glissement mais exige lubrification et tension correcte, avec une flèche d'environ 2 % de l'entraxe.
Différentiel et blocage
Mécanisme à satellites qui répartit le couple entre les deux roues d'un essieu tout en leur permettant de tourner à des vitesses différentes en virage. Le blocage solidarise les deux demi-arbres pour éviter qu'une roue sans adhérence ne patine seule ; il se désengage automatiquement au freinage ou au-delà d'un angle de braquage.
Embrayage
Organe qui accouple ou désaccouple progressivement le moteur de la transmission par friction d'un disque contre le volant moteur. Sur les tracteurs modernes, il est souvent remplacé par des embrayages multidisques à bain d'huile commandés hydrauliquement, qui autorisent le passage sous charge.
Inverseur
Dispositif qui inverse le sens de marche sans changer de rapport, mécanique à levier ou hydraulique (powershuttle) commandé au volant. L'inverseur hydraulique permet d'enchaîner marche avant et arrière sans débrayer, ce qui est précieux pour le travail au chargeur frontal.
Joint homocinétique
Joint grand angle qui transmet une rotation parfaitement régulière quel que soit l'angle, contrairement au cardan simple qui génère des variations de vitesse. Placé côté tracteur sur les transmissions de PDF, il accepte 50° en continu et 80° en manœuvre, ce qui permet de tourner sans relever l'outil.
Limiteur de couple
Sécurité montée sur la transmission à cardans qui interrompt ou limite la transmission du couple en cas de bourrage ou de choc. Il existe des versions à boulon de cisaillement, à friction, à cames ou à roue libre ; chaque outil exige un tarage adapté, souvent 1 000 à 3 000 N·m.
Rapport de réduction
Quotient entre la vitesse de rotation d'entrée et celle de sortie d'un train d'engrenages, égal au rapport des nombres de dents. Une réduction de 1:4 divise la vitesse par quatre et multiplie le couple par quatre, aux pertes près ; la chaîne complète d'un tracteur atteint 1:100 dans les rapports lents.
Réducteur final
Dernier étage de réduction placé dans le moyeu de roue, généralement un train épicycloïdal qui divise encore la vitesse par 4 à 6. Il multiplie le couple là où il est nécessaire et permet de dimensionner plus légers les arbres et le différentiel situés en amont.

Travail du sol

Charrue réversible
Charrue équipée de deux jeux de corps symétriques que l'on retourne en bout de champ grâce à un vérin hydraulique, afin de toujours verser la terre du même côté. Elle permet de labourer en planche unique, sans dérayures ni ados, et se règle en largeur de travail (35 à 50 cm par corps) et en profondeur (18 à 30 cm).
Cultivateur à dents
Outil de déchaumage ou de reprise composé de dents rigides ou vibrantes portant des socs à ailettes ou des pointes, réparties sur 2 à 4 rangées. Il travaille entre 5 et 25 cm de profondeur et mélange les résidus sans retourner la terre ; une vitesse de 8 à 12 km/h assure un bon foisonnement.
Déchaumage
Travail superficiel du sol (3 à 10 cm) réalisé juste après la récolte pour enfouir les chaumes, faire lever les repousses et les adventices, et rompre la remontée capillaire de l'eau. Il prépare le labour ou le semis suivant et limite les ravageurs comme les limaces.
Déchaumeur à disques
Outil formé de deux rangées de disques indépendants, crénelés ou lisses, de 450 à 620 mm de diamètre, montés sur bras élastiques et suivis d'un rouleau. Il tranche et mélange les résidus à 5 à 12 cm de profondeur, à une vitesse de 10 à 15 km/h, ce qui en fait un outil à fort débit de chantier.
Herse rotative
Outil animé par la prise de force (540 ou 1000 tr/min) composé de rotors verticaux à deux dents chacun tournant en sens opposé, qui émiettent la terre pour préparer le lit de semences. La finesse d'émiettement se règle par le rapport entre la vitesse des rotors et l'avancement ; elle demande environ 30 à 40 kW par mètre de largeur.
Labour
Travail profond du sol (18 à 30 cm) à la charrue qui découpe, soulève et retourne une bande de terre pour enfouir les résidus et les adventices, aérer le sol et préparer le semis. Il est décrit par sa largeur, sa profondeur et son mode de rasettes, et reste énergivore : compter 20 à 30 L de gazole par hectare.
Rouleau
Outil de rappui qui tasse et nivelle le sol après le travail ou le semis, afin d'améliorer le contact terre-graine et de limiter l'évaporation. On distingue les rouleaux lisses, cambridge, crosskill, packer ou à pneus, choisis selon le type de sol et la masse de rappui recherchée (100 à 300 kg par mètre).
Semelle de labour
Couche de sol compactée et lissée située juste sous la profondeur habituelle de labour, formée par le passage répété des socs et des roues dans la raie. Elle freine l'enracinement et l'infiltration de l'eau ; on la détecte à la bêche ou au pénétromètre et on la corrige par un décompactage ou une variation de la profondeur de travail.
Strip-till
Technique de travail du sol localisé qui ne prépare que des bandes de 15 à 25 cm de largeur sur la future ligne de semis, le reste de la parcelle restant couvert de résidus. Une dent travaille en profondeur (15 à 30 cm), encadrée de disques et d'un rouleau ; l'engrais peut être localisé dans la bande en même temps.
TCS / techniques culturales simplifiées
Ensemble des itinéraires sans labour où le sol n'est travaillé que superficiellement (déchaumeur, cultivateur) ou pas du tout avant le semis. Les TCS réduisent le temps de traction et la consommation de carburant, préservent la structure et la vie du sol, mais exigent une bonne gestion des résidus et des adventices.